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Aller à la partie : FICTIONS - FOLKLORE BELGE - IL Y A 100 ANS EN BELGIQUE - PORT-FOLIO ARTISTE

FUENTES_TLACTOCATZINE DU JARDIN DE FLANDRE

Début de l'histoire :
19 septembre. Le notaire Brambila a de ces idées ! Voilà qu'il vient d'acheter cette vieille demeure du Pont d'Alvarado, somptueuse certes mais inutilisable car bâtie à l'époque de l'Intervention Française. J'ai évidemment supposé qu'il s'agissait d'une des innombrables transactions du notaire et qu'il visait, comme d'habitude, à démolir la maison et à vendre le terrain à un bon prix ou, du moins, à y construire un édifice destiné à des bureaux et commerces. C'est, comme je le dis, ce que je croyais alors. Ma surprise fut de taille lorsque le notaire me fit part de ses intentions : la maison, avec son merveilleux parquet et ses lustres étincelants, allait servir pour des fêtes et à héberger ses collègues nord-américains, tout en rassemblant histoire, folklore et élégance. J'allais devoir vivre quelque temps dans la demeure car Brambila, tellement impressionné par tout le reste, déplorait un certain manque de chaleur humaine dans ces pièces, de fait inhabitées depuis 1910, quand la famille avait fui en France. Entretenue par un couple de domestiques, qui vivaient sur la terrasse, propre et brillante – quoique dépourvue de tout mobilier à l'exception d'un magnifique Pleyel qui s'était trouvé dans le salon pendant quarante ans –, on y respirait (ajouta le notaire Brambila) un froid très spécial, particulièrement intense par rapport à celui que l'on sentirait dans la rue. Lire & Télécharger la suite...

GORODISCHER_EMBRYONS DE VIOLETTE

Début de l'histoire :
Il se tortilla sous les couvertures, les torrents déferlèrent. Il s'extirpa d'un rêve, dont Ulysse était le protagoniste, pour percevoir la respiration apaisante de la nuit de Vantedour. Bonifacio de Solomea s'étira au pied du lit et laissa poindre sa langue rose comme pour entreprendre paresseusement sa toilette routinière. Mais le jour n'était pas encore levé et ils se rendormirent tous deux. Tuk-o-Tut ronflait, étalé en travers du seuil. Sur l'autre rive de la mer, les Matrones berçaient Carita Dulce. Elles avaient délicatement transporté l'oeuf à l'air libre, prenant bien garde de ne pas trébucher, de ne pas le secouer, et elles en avaient soulevé le couvercle. L'énorme berceau se balançait au rythme de la chanson ; le soleil jaune se faufilait entre les feuilles des arbres et ses rayons lui léchaient les cuisses. Il remua, se cogna aux douces parois du berceau et se mit à geindre. Les Matrones fredonnèrent quelque chose, tandis que l'une d'elles s'approchait pour lui faire une caresse sur la joue. Carita Dulce sourit et sombra dans le sommeil. Les Matrones poussèrent un soupir et, charmées, échangèrent un regard. Sur l'île, c'était le soir : les pianos jouaient la Sonate Na 17 en Si Bémol Majeur. Theophilus se préparait à attaquer un nouveau morceau; Saverius avait terminé son discours et il lui avait concocté une de ces répliques... Mais une phrase résonnait en lui, lancinante: cette âme aime aussi Cimarosa. Lui échappaient-ils les mots qu'il avait pensé dire, l'importance d'une adversité convergente, la nuance d'un adjectif qui fût susceptible de qualifier, un peu péjorativement, le soi-disant modèle universel de la perception ? En outre, il lui sembla que Saverius ne dissimulait même plus son évidente satisfaction. Recroquevillé, mal rasé et sale, puant la vomissure et la sueur, il fit une nouvelle tentative pour s'asseoir. En prenant appui avec la main gauche sur le sol, tout en poussant de toutes ses forces pour ne pas vaciller, il agrippa une touffe d'herbe. Il lança alors la droite vers le haut, s'accrocha au tronc de l'arbre et entreprit de se hisser. Il avait le vertige et une salive pâteuse lui emplissait la bouche. Il cracha, et un peu de bave lui dégoulina le long du menton. - Chantons ! - s'exclama-t-il -, chantons la vie, l'amour et le vin !
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BELEVAN_SUITE METAMORPHOSE

Début de l'histoire :
En revenant, ce jour de mars 19.. " de cette belle promenade de détente à la campagne, après avoir pris le dernier tram de l'après-midi, monsieur Samsa et sa famille résignée eurent la désagréable surprise de constater que la bestiole, celle-là même qui était censée être décédée , le matin et qui, aux dires de la servante, avait même été jetée à la poubelle, se tapissait sous la table de la salle à manger, émettant des sifflements aigus qui réglaient sa respiration agitée de façon inopportune. Grete, qui avait été la dernière à être sur ses gardes, ne put s'empêcher de s'accrocher de toutes ses forces au bras de son père lorsqu'elle la reconnut, détournant simultanément la tête de cet objet qui lui inspirait de la répulsion, tandis que la mère, presque défaillante, se couvrant la bouche de ses mains, semblait subitement résignée à ce que les beaux projets qu'ils avaient tous trois échafaudés au cours de la journée ne puissent jamais se réaliser : le déménagement dans un plus petit appartement moins coûteux, la recherche d'un mari honorable pour Grete, le soulagement de la souffrance injuste engendrée par la métamorphose du fils ; tout s'écroulait, comme soufflé par cette forte respiration animale qui provenait de dessous la table.
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